J’ai poussé le
portillon à l’orée de ton cimetière
Et posé le pied sur la
mousse engorgée qui cerne ton tombeau ;
Les grilles ont ricané
sur leurs charnières
Et les feuilles noircies
par l’humeur de l’hiver
Chicanent au seuil
endolori de tous mes maux.
J’ai pénétré l’antre
protectrice de ton hypogée
Et foulé les dalles
menaçantes qui mènent à ta mémoire ;
Les murs ont plaisanté
sur leurs radiers
Et la lumière triste et
passagère, par les larmes, délavée,
Divague au rythme
désordonné de mes idées noires.
J’ai souillé le refuge
factice de ton cénotaphe,
Et brisé le silence
endeuillé qui préserve ton souvenir ;
Les pierres froides ont
pleuré à mourir
Et le fantôme délétère
des oublis, insensible aux désirs,
Grave sur nos amours une
étrange épitaphe.
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